Laura. Professeur de yoga à Londres

Ces interviews de French Londonienne, c’est souvent un excellent prétexte de rencontrer des gens. Au quotidien, on croise tous des personnalités, profils qui nous intriguent, nous fascinent ou nous inspirent. Parfois on échange, et puis la plupart du temps, on passe à autre chose. C’est pas grave, c’est juste la vie. L’avantage de ce blog, c’est que de temps en temps, je peux un peu creuser et en profiter pour lier de vrais liens, et poser toutes les questions qui m’intriguent. Exactement comme avec Laura, que j’ai rencontré pendant un cours de yoga, complètement par hasard.

Elle remplaçait une prof durant cette horaire, c’était la troisième fois que j’allais à ce studio, j’ai adoré le rythme de sa classe, et surtout, tout le long du cours, j’ai vite cru détecter l’accent Français et n’ai pas arrêté d’être assez fascinée par le fait qu’elle enseigne déjà, et d’autant plus, en Anglais. Entre Français(es), on s’identifie beaucoup plus, les liens se nouent de façons assez instantanée, alors étant complètement fascinée par le métier de prof de yoga, j’ai eu envie de lui poser plein de questions.

Laura dégage cette gentillesse et bonté que seuls les profs de yoga semblent savoir transmettre. On a beaucoup discuté, de Londres, de la vie, d’être Français à Londres, de la vie londonienne à 1000 à l’heure et du yoga bien sûr. Et elle a gentiment accepté de se prêter au jeu de la « French Londonienne », et nous délivre ses conseils pour survivre dans un environnement londonien qui va parfois un peu trop vite, ses bonnes adresses bien-être et comment, encore une fois, Londres qui a permis de changer de vie et d’exercer un métier qu’elle n’aurait peut-être pas pu faire dans d’autres circonstances.

Peux tu nous décrire ta vie Londonienne 

Ma vie londonienne est « busy ». Mes journées ne se ressemblent pas d’un jour à l’autre car mon emploi du temps varie beaucoup en fonction des cours que je donne, des remplacements, des cours particuliers (qui changent souvent en fonction des disponibilités des personnes), des projets sur lesquels je travaille (workshops, retraite), des cours que je prends et des stages que je suis. En bref, mes journées sont bien occupées, elles commencent tôt, pour ne pas dire très tôt parfois, et finissent souvent tard.

Je suis arrivée à Londres il y a 9 ans, après une discussion avec mon meilleur ami qui avait besoin de quelqu’un pour partager le loyer. J’étais à une période de ma vie très incertaine en France donc j’ai sauté sur l’occasion, pensant passer une petite année pour améliorer mon anglais. Finalement, il semblerait que je sois restée plus longtemps que prévu . Je travaillais en freelance dans l’édition ce qui m’a permis de gérer mon emploi du temps pour prendre des cours d’anglais au début puis de yoga et enfin de changer de métier petit à petit.

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Justement, Est-ce que tu veux nous en dire un peu plus sur ton métier et tes cours ?

Je donne des cours de yoga un peu partout dans Londres, même si j’essaye de les recentrer le plus possible vers le South West, où je vis.

Je donne des cours particuliers chez les gens, et des cours collectifs dans les entreprises, les clubs de gym et les studios de yoga, ce qui très stimulant pour moi, car l’atmosphère, les niveaux et les attentes sont très différents d’un endroit à l’autre et je dois donc m’adapter tout en gardant ma personnalité et mon style. Ce que j’aime le plus dans mon métier c’est « donner », un peu de moi, des sourires, des échanges de regards, du soutien, un peu de temps et d’espace, et surtout – même si cela semble un grand mot, au final c’est bien de cela qu’il s’agit – de l’amour.

Comment es-tu devenue professeur de yoga ? 

J’ai commencé le yoga un peu par hasard.

C’est mon partenaire qui m’a poussé à aller dans les cours de yoga dispensés dans la gym où je me rendais. J’avoue que j’étais assez réticente et ne me voyais pas du tout faire du yoga, j’en avais une image de quelque chose de mou et d’ennuyeux. Le premier cours où je me suis rendue était du Rocket Yoga (une forme très dynamique et challenging de Vinyasa dérivée de l’Ashtanga), et ce fut une révélation pour moi. Les mouvements synchronisés à la respiration ont eu (et ont toujours) un effet magique sur moi.

Du coup je me suis mise à en faire tous les jours et j’ai progressé très vite. C’est encore mon mari qui m’a suggéré de faire le « training » pour devenir professeure certifiée et de tenter le coup de me lancer dans cette carrière. Je suis donc partie en Inde en cours intensifs et suis revenue (un peu transformée) avec mon diplôme de « certified Yoga teacher ».

Je me suis ensuite lancée en premier dans les cours particuliers à domicile dans les environs de mon quartier et petit à petit j’ai commencé à donner des cours collectifs. Pendant les premières années j’ai continué mon travail d’éditeur en même temps que je donnais des cours, jusqu’à ce que je puisse vivre de ma seule passion.

Est-ce que tu penses que Londres t’a permis ce changement de métier plus facilement  ? 

Oui je pense en effet.

Dans un premier temps parce que l’offre de yoga était déjà bien importante quand j’ai commencé et avec des profs de bon niveau. Je ne suis pas sûre que je me serais tournée vers ce métier ou du moins à temps plein en restant en France. Mais ici, cela m’a paru presque naturel, malgré mon niveau d’anglais, je sentais que c’était quelque chose que je pouvais faire sans trop d’obstacles, peut-être même plus facilement que de trouver un emploi dans une entreprise. En plus l’administration anglaise est relativement facile pour travailler en freelance.

Et est-ce que tu penses qu’il est plus facile de faire ce métier à Londres qu’ailleurs ?

En tant qu’étrangère, Londres est la ville parfaite pour travailler. Les gens sont ouverts et ne se formalisent pas de quelques fautes de grammaire ou de prononciation.

Le « marché du Yoga » (aussi horrible que cette expression puisse être) est très vaste à Londres, il y a beaucoup de demande. La contrepartie est qu’il y a également beaucoup de professeurs de yoga, et la concurrence est assez dure et devient de plus en plus difficile. Beaucoup de gens font ou veulent faire du yoga. C’est extrêmement populaire ici, car je pense que les gens en ont vraiment besoin.

Nous sommes toujours en train de courir un peu partout, à faire toujours plus de choses, le plus vite possible, et à force on se déconnecte un peu de ce qui est important pour nous-mêmes.

A être toujours occupé on s’oublie facilement.

Justement, comment gères-tu le rythme à 100 à l’heure de la vie à Londres ?

Trouver le bon équilibre reste le plus difficile pour moi, j’ai tendance à me laisser emporter par ce flot londonien qui demande toujours plus d’énergie. J’essaye donc de me rappeler de prendre soin de moi, de ralentir le rythme.

Bien évidemment j’ai le yoga, la méditation, mais j’adore aussi aller courir très tôt le matin le long de la Tamise, je nage une fois par semaine, et j’ai décidé récemment de m’offrir au moins une fois par mois un massage. Entre le yoga, la course à pied, la natation et surtout le vélo (car je me déplace pratiquement qu’en vélo), mon corps a vraiment besoin d’être chouchouté. J’aime aussi beaucoup marcher dans les parcs.

En tant qu’experte du « zen », quelles sont tes bonnes adresses ou endroits préférés pour appuyer sur pause et te ressourcer quand Londres devient trop intense ? 

En dehors des studios de yoga (je ne me permettrais pas d’en citer étant donné que je travaille pour certains, c’est un peu délicat) et des parcs, cela va peut-être sembler étrange, mais j’aime bien South Bank, quand il y a moins de touristes (il faut éviter le weekend et la période de Noël). Mon endroit préféré est l’espace vert au milieu des bouleaux devant la Tate Modern, il y a souvent une ambiance très calme à cet endroit que je ne m’explique pas vraiment. Je conseille aussi Saint Katherine’s docks. Entendre le bruit des bateaux m’apaise, on se croirait en vacances à la mer, encore une fois il vaut mieux éviter les grosses périodes touristiques.

Quand je suis en plein centre de Londres, je peux aller m’isoler du bruit et de la foule dans un lieu qui s’appelle Inner Space, où il y a une « quiet room ». J’adore cet endroit et les gens y sont très gentils et accueillants.

Quels sont donc tes quartiers préférés?

Je dois avouer qu’habitant dans le sud-ouest de Londres, je ne vais que rarement dans les quartiers plus en vogue du nord-est comme Shoreditch ou Hackney, et je les connais mal. Je ne sais pas si j’ai vraiment une préférence car chaque quartier a quelque chose de particulier.

J’aime bien le quartier où je vis, Parsons Green, même si c’est « posh », c’est assez calme tout en étant vivant, c’est un peu comme le centre d’un village.

Quelles sont tes bonnes adresses à Londres ?

The Wild food cafe à Neal’s Yard pour les végétariens, la nourriture est bonne et le cadre est super sympa. Mais je crois que tu as déjà fait un article sur cette jolie place. Pour les pubs, il y a le Ship à Wandsworth avec sa terrasse sur la Tamise.

Pour manger dans mon quartier, il y a pas mal de petits restos trendy comme le Megan’s on the Green avec son plafond fleuri ou Hally’s, mais pour moi ce sera plutôt la pizzeria Santa Maria avec sa succulente Margarita et ses autres pizzas traditionnelles. Il y a un endroit aussi que j’aimerais bien tester car je passe tellement souvent devant en vélo, mais je n’ai pas encore trouvé l’occasion, c’est Neverland Fulham Beach, ça a l’air très surfait mais ça donne envie quand même.

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Dans ta vie londonienne, y a t-il des choses que tu ne faisais pas avant de vivre ici?

Le yoga ;) Et le vélo, car mon métier demande de nombreux déplacements avec des distances variées et parfois dans des lieux pas toujours très bien desservis par les transports en commun. Le vélo s’est avéré le moyen le plus commande, rapide, économique et en plus écolo. Bon évidemment l’hiver ce n’est pas toujours très drôle, mais cela reste gérable.

Quelles sont tes « petites joies de la vie londonienne »? :) 

Les matcha latte ! C’est mon petit péché mignon depuis 2/3 ans. J’ai vraiment un grand plaisir à me poser dans un café et prendre le temps de boire mon Matcha Latte.

Courir le long de la Tamise au lever du soleil, c’est magnifique. Petit bonus quand c’est au printemps, lorsque les arbres sont en fleurs. Je conseille de visiter Londres au printemps, en plus de toutes ces jolies fleurs, les gens revivent également, on le sent vraiment, il y a une énergie différente.

J’adore les Charity shops ! Je ne suis pas une fan du shopping mais j’aime beaucoup les Charity shops, je trouve des choses que je n’aurais jamais pensé à acheter, et pour pas très cher

Si vous faites du yoga, elle organise aussi une retraite de yoga à Chypre du 6 au 13 Octobre et un futur workshop pour les coureurs et cyclistes.

Suivez son site et ses réseaux sociaux pour plus d’info!

Le site de Laura: www.ownyoga.com

Son Instagram laura_ownyoga.com

Merci Laura!

FRENCH LONDONIENNE

Vous saviez que vous pouvez shopper votre tenue de French Londonienne? ;)

Elodie

Elodie, happy "French londonienne" for almost 4 years. I share my London discoveries, expat life thoughts and reflexions on beeing a 30 year old. “Les petites joies de la vie londonienne” means “The little joys of London” so let’s make sure we make the most of this incredible city.

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