7 ans!

En écrivant le titre, je me rends compte de ce nombre d’années. 7 ans à Londres. C’est le cap des 10 qui approche sérieusement, et ça commence aussi à ressembler sérieusement à une vraie grosse tranche de vie. Exactement ce que j’étais venue chercher, même si je n’ai jamais vraiment eu de chiffre en tête.

7 ans. Je suis tellement heureuse de pouvoir écrire que je suis encore – et surtout, ai choisi de rester – à Londres après toutes ces années. Je ne me suis jamais autant sentie londonienne et épanouie dans cette ville, mais aussi dans ma vie, je crois. Tout n’est pas parfait bien sûr, mais c’est un peu comme si tout prenait forme.

Ce cap des 7 ans, je le passe avec la plus grande sérénité de tous. Maturité, expériences de vies, leçons apprises ces dernières années, satisfaction d’avoir accompli certains « rêves ». Je ne sais pas trop. Surement un mélange de tout à la fois.

Pourtant, je les ai démarré avec beaucoup de questions et un goût amer sur la vie londonienne comme j’en parle légèrement à la fin de l’article sur mes 6 ans: Univers professionnel riche et très dynamique mais toujours plus compétitif et souvent superficiel et égocentrique, orienté sur la performance monétaire, et selon moi, à contre sens total d’un épanouissement humain possible, et un coût de la vie tellement exorbitant qu’il incite à conserver ce style de vie professionnel, et ce rythme toujours à 100 à l’heure. Comment sortir la tête de l’eau? Une sorte de cercle vicieux qui m’a poussé à reconsidérer beaucoup de choses, redéfinir les notions de « succès » et « réussite », faire les choses en phase avec mes valeurs, être honnête avec moi-même  et comme toujours, ça passe par se pousser dans ses retranchements, prendre du recul, et sortir de sa zone de confort.

Un sujet qui ressort dans chacun de mes bilans en fait, surtout celui de l’année dernière ou je parlais d’ « un besoin de me pousser encore plus et de sortir de cette zone de confort comme par peur d’y tomber sans cesse« .

Je crois que j’ai moins peur d’y tomber désormais, et aussi, je n’ai plus « peur » de rester à Londres « trop longtemps » ou de m’enfermer dans une vie à Londres sous prétexte que j’ai osé sauter le pas il y a de nombreuses années. En fait le problème n’était pas Londres, j’adore Londres. Plus que jamais.  Mais la vie dans laquelle je croyais (Ou la société me faisait croire..) que je devais m’installer.

Comme dit ma maman, « choisir, c’est renoncer ».

Nous sommes responsables de nos actes. Tout ce qui nous arrive résulte de nos choix. Des chemins que l’on choisit de prendre ou de laisser, de notre capacité à voir les risques comme des chances, les échecs comme des apprentissages et les réussites comme des succès.  Peu importe là où nous sommes. Et surtout à Londres, qui a tant d’opportunités à offrir.

Et comme la célèbre citation de Samuel Johnson le dit si bien:

« Why, Sir, you find no man, at all intellectual, who is willing to leave London. No, Sir, when a man is tired of London, he is tired of life; for there is in London all that life can afford. »

Ce n’est pas la partie la plus célèbre de cette citation que j’ai envie de souligner cette fois, mais celle que l’on connaît moins, sur laquelle se termine la phrase: « for there is in London all that life can afford. » (Londres a tout ce que la vie peut offrir.)

Et c’est tellement vrai. Londres a toutes les clés pour ouvrir les portes que l’on souhaite. Ce n’est pas toujours simple de les obtenir en revanche. La vie peut être cruellement difficile à Londres. Pour y survivre, il faut en comprendre les mécanismes, pour y vivre pleinement, il faut s’y engager et accepter de faire de nombreuses concessions. Les retours que la ville peut offrir sont sans fins.

L’année dernière donc, je me suis beaucoup demandé si j’allais en partir de façon très sérieuse et concrète pour la première fois. Mais je n’en ai plus du tout envie pour les raisons suivantes: C’est la ville la plus ouverte d’esprit et diverse que je connaisse. Tout y semble possible. Tout le monde y est accepté. Tous les styles de vie sont permis. Rien n’est bizarre ou pas « normal ». Chacun a sa place à Londres, peu importe votre profil ou vos origines. Les pays et les cultures s’y rassemblent. Les idées fourmillent, les ambitions et les rêvent voient vraiment le jour. L’énergie londonienne est sans fin.

Ces derniers temps, j’ai mesuré à quel point Londres m’a construite. Je commence un peu à me sentir autant londonienne que « Française du sud ». Je me sens enfin complètement moi-même quand je parle anglais et j’ai complètement retrouvé la magie Londonienne (Ma seule « résolution » pour 2019, qui était de repartir à la conquête des beaux endroits londoniens).

Vendredi je fêtais mes 7 ans, samedi j’ai donné mon premier « vrai » cours de yoga. Le début d’une nouvelle aventure et d’une reconversion à 360 degré, que finalement j’aurai préparé durant toute ma 6ième année à Londres, tout en tâchant de conserver ma carrière pro et de continuer à maintenir ce blog et la magie londonienne.

Cette fois je ne me demande pas ce que l’année va m’apporter. Nul doute que cette 7ième année sera belle et riche en nouveaux projets. Je la vois bien plus apaisée, toujours émerveillée, et pleine de gratitude et de satisfaction d’être devenue la londonienne que je suis, et d’avoir osé remettre en question certains trajets classiques de la vie pour suivre mon instinct.

Elodie

Elodie, happy "French londonienne" for almost 4 years. I share my London discoveries, expat life thoughts and reflexions on beeing a 30 year old. “Les petites joies de la vie londonienne” means “The little joys of London” so let’s make sure we make the most of this incredible city.

Laissez un commentaire