10 jours au Sri Lanka: Entre émerveillement et interrogations

Il y a certains voyages qui sont plus marquants que d’autres. Pour ma part, les plus transformatifs ont eu lieu en Asie ces dernières années. Il y a bientôt 2 ans, je suis partie une semaine au Vietnam. Je me suis envolée le 31 Décembre, pour faire une sorte de pied de nez aux traditions du nouvel an qui me gonflaient. Ça a donné le ton à 2018 puisque quelques mois plus tard je me suis mise au yoga comme jamais, couru le semi marathon d’Hackney, déménagé, quitté mon boulot sans rien derrière, décidé de me former pour devenir prof de yoga, et surtout, j’étais obsédée par l’idée de retourner en Asie avant la fin de l’année, en me challengeant un peu plus cette fois, pour un vrai long voyage en sac à dos, pour vraiment couper de la vie londonienne, faire du yoga, remuer mes sens et mon esprit et prendre un peu de recul pour retrouver du sens à la vie londonienne/urbaine/corporate.

Je comptais partir quelques mois. Le gros break de quelques mois a du être raccourci pour quelques semaines, mais je suis tout de même partie 10 jours au Sri Lanka, un peu à la dernière minute. J’ai réservé mes billets quelques jours avant, et pris le même vol qu’une amie qui partait pour des mois de voyage solo. Nous devions passer 2 jours ensemble. Nous n’avons pas réussi à nous séparer. De l’Ouest, typique au Centre verdoyant et puis au Sud paradisiaque, ce n’était « qu’un voyage de 10 jours », mais il signifiait bien plus, et m’a beaucoup marqué et appris.

Je suis rentrée en me questionnant encore plus sur les questions environnementales, tous ces voyages que l’on cumule qui nous permettent de mesurer notre planète à sa juste valeur justement, mais qui contribuent tellement à la détruire aussi, surtout dans un si petit pays comme le Sri Lanka. Je garde les lignes de réflexion pour la fin et vais partager ce voyage non pas version guide touristique mais comme je l’ai vécu. Si vous cherchez un guide détaillé sur « Que visiter pendant 10 jours au Sri Lanka », ces 2 articles (Celui-ci et celui du lonely planet, forcément) sont très bien faits et rassemblent tous les incontournables.

De notre côté, nous nous avons pris les choses un peu au jour le jour, sans plan ni attache.

L'Ouest et le Centre

Negombo et Kandy

Le 10 Octobre, nous voilà parties pour Colombo, la capitale du Sri Lanka. Je connaissais tellement peu ce pays et ai tellement peu préparé ce voyage que je ne la connaissais même pas. Tellement peu préparé d’ailleurs que l’arrivée fut une sorte d’électrochoc.

Il est 6 heures du matin, nous venons de faire 15 heures de vol dont un changement, il fait sombre, TRÈS humide et TRÈS chaud. A l’aéroport, l’ambiance est assez intense. Les taxis, les tuk tuks qui nous accostent de toutes parts, les trombes de pluie, le décalage horaire. On choisit l’option taxi et arrivons à notre premier hostel. Encore fermé vu l’heure. Après un peu de patience et beaucoup de gestes pour se comprendre avec la dame qui nous ouvre enfin, on découvre notre chambre. Je voulais de l’aventure, du sac à dos, du sommaire. Je l’ai eu, et dès la sortie de l’avion.

Après avoir récupéré quelques heures de sommeil du mieux possible, nous partons nous aventurer dans Negombo, situé à seulement 10km de l’aéroport. La ville est donc souvent une bonne alternative à Colombo. Et avec le recul, un bon premier aperçu du Sri Lanka: A la fois paradisiaque et incroyable mais aussi très pauvre et pollué. Un contraste qu’on oublie bien souvent de mentionner dans les guides touristiques ou sur Instagram.

Ce premier jour fut assez intense. Fatigue, chamboulement soudain, peut-être les 2 à la fois, je me suis sentie assez angoissée de me retrouver si loin et dans cette ville qui n’avait rien de paradisiaque et dans cet hostel qui l’était encore moins. Le lendemain, on décide donc d’écourter le séjour dans l’ouest pour aller dans le centre, direction Kandy, la deuxième plus grande ville du pays.

Pour cela, c’est environ 3 heures de train depuis Colombo. Premier voyage en train, et au Sri Lanka, voyager dans ces gros trains bleus, bondés de monde, qui roulent à 70 km/h, ça fait partie intégrante de l’aventure. 3 heures pour faire 96 km. Le ton est donné.

Et comme c’est notre premier voyage et second jour dans le pays, nous n’avons pas encore tous les codes ou astuces. Nous sautons dans le train juste avant qu’il parte. Il est plein à craquer bien sûr. Ce sera donc voyage debout. Moi qui râle quand je n’ai pas de place dans le métro et que je dois rester debout 15 minutes…

Finalement, le décor est tellement incroyable qu’on ne s’ennuie pas. Les paysages de verdure infinie, les vendeurs qui circulent d’un bout à l’autre du train, les passagers qui montent et descendent, ceux qui nous observent aussi, les sourires ou les regards des hommes plus insistants, et ceux qui gentiment nous offrent (Pas leur place, ne rêvons pas) de garder nos sacs pour que l’on ait plus de place. Les premières heures passent vite. On ne sait pas trop où on est en fait mais on se laisse vraiment porter. La dernière demi-heure pique un peu. Il est temps d’arriver.

Arrivée à la garde de Kandy. C’est le même brouhaha que partout on dirait. On trouve un tuk tuk qui nous amène à notre seconde maison, une ‘guest house’ tenue par des locaux, dans les hauteurs de la ville. Un petit coin de paradis tout simple mais exactement ce qu’il nous fallait.

Kandy, c’est une représentation assez juste du Sri Lanka. En plein boom, un centre ville pollué et des alentours extrêmement vert. Dès les premières heures, je respire à nouveau.

Il semblerait que ce n’est pas vraiment la meilleure saison pour visiter le Sri Lanka. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de touristes. L’inconvénient c’est que dans le centre, il pleut beaucoup à partir de 15h00. Nos quelques jours à Kandy oscilleront entre vallées verdoyantes, ciel lumineux et pluies torrentielles. Mais avec le recul, c’est la partie la plus marquante de ces 10 jours au Sri Lanka. La plus typique, réelle et authentique.

A Kandy, nous avons partagé de jolis moments avec le couple chez qui nous logions, (Un jeune couple de Sri Lankais tellement gentils et accueillants que je ne peux que les recommander – Lien pour réserver ici si cela vous intéresse), arpenté les routes des collines à pied ou en Tuk Tuk, goûté à nos premier Hoppers, et Rotis et découvert la délicieuse cuisine Sri Lankaise, monté la colline jusqu’au big Buddha, randonné le Mont Hanthana, appris à écrire nos prénoms en Cinghalais, fuis les chiens errants, les singes fous, parlé à un moine au regard si doux et apaisé, fait le meilleur massage ayurvedique (Chez Green Saya Spa), bu des gorgées de thé, et aimé chaque minute de ces jours dans le centre du Sri Lanka.

Du centre, je garderai cette authenticité si unique, ces immenses vallées, ce décor encore si vierge et sauvage, cette nature si verdoyante, ces palmiers géants, ces fleurs aux couleurs vives, mais aussi l’évolution à grande vitesse de Kandy, que je serai curieuse de redécouvrir dans 10 ans…

Une fois à Kandy, le trajet « logique » est de continuer jusqu’à Ella, via les 7heures de train pour rejoindre ce qui est connu comme être une des plus belles partie du pays dans d’autres montagnes encore plus hautes et verdoyantes. Vu le temps, nous avons préféré opter pour le sud, direction Weligama, où j’avais repéré un endroit pour faire un peu de yoga. Ella, ce sera pour la prochaine fois pour sûr.

C’est parti pour un autre long trajet en train et un changement de décor à 360 degrés.

Départ de Kandy Un lundi matin vers 6h du matin. Debout donc à 4h30 pour partir suffisamment tôt et avoir une place dans le train. Pour un trajet de 7h, c’est préférable, car le premier arrêt n’aura lieu qu’à Colombo, donc 3h après. Le lundi, c’est aussi la reprise de la semaine. De nombreux travailleurs font le trajet depuis le centre pour aller travailler à la capitale. Le train est plein à craquer et de nombreux passagers sont debout tout le long du trajet jusqu’à Colombo. Et personne ne râle ou ne se plaint.

Après une sorte de faux départ ou d’alerte à la panne d’électricité où tout le monde est sorti en courant – on ne saura jamais trop ce qui s’est vraiment passé, le train démarre, et laisse très vite place à un décor assez incroyable du lever du soleil dans ces immenses vallées montagneuses. Les dégradés de jaune et rose pastels se mélangent les uns aux autres, les montagnes se succèdent et le paysage est vraiment époustouflant. Impossible de faire de jolies photo vu le monde mais les images sont restées gravées dans ma tête.

Après le stop à Colombo, le train se lance dans sa descente jusqu’au sud. Nous récupérons les sièges côté fenêtre, au bord de l’océan. Le décor sera fou tout le long, jusqu’à la fin du trajet.

Le Sud

Weligama, Mirissa et Galle

Arrivée dans le sud du Sri Lanka donc. C’est un peu atterrissage direct au paradis. Et dans un coin visiblement bien plus touristique.

Eau bleu turquoise, grandes plages de sable blanc, petit bateaux qui flottent sur l’eau, grand soleil, surfers locaux mais aussi touristes du monde entier. Premier réflexe, trouver un transat et récupérer des 7h de train.

Dans le sud, en tout cas dans le Sud Ouest, où nous étions, c’est une autre ambiance. On arrive directement à Basecamp, une sorte d’hostel très sympa donc le concept est à mi-chemin entre hostel / hôtel avec en bonus un yoga shala avec une vue incroyable, 2 cours par jours, et des dîners avec les voyageurs organisés tous les soirs. On y rencontre tout de suite des Néerlandais, Belge, Américains, Australiens, Anglais…

A Basecamp, la vie est belle et plus confortable. On est clairement retourné dans le monde du voyage version Occidental. Je suis partagée entre une sensation de confort rassurante et de frustration de retrouver les codes du tourisme de masse. Je choisis de profiter et de garder ces réflexions dans un coin de ma tête. Tout le monde est hyper sympa et accueillant, le lieu est superbe et le rythme parfait: Cours de yoga à 8h00 avec une vue incroyable sur la baie, les singes qui jouent dans la forêt juste derrière, petit dej avec tout le monde sur la terrasse, les journées libres et les dîners organisés dans des restaurants locaux le soir avec les locataires du moment chez Basecamp. Idéal pour les voyageurs solo qui souhaitent rencontrer des gens facilement.

Si le concept vous intéresse, j’avais aussi repéré Green Piece Inn qui était complet des semaines avant (Bien plus branché yoga / bien-être je crois).

Weligama est une petite ville du sud très sympa. Le centre ville est assez petit mais a tout ce dont on a besoin. Les plages sont incroyables, il y a de nombreux spots pour surfeurs de tous niveaux et pas mal de bars / hostels modernes qui ont ouvert ces dernières années.

En 30 minutes en bus, il est très facile de rejoindre les environs: Mirissa, l’un des spots de surfeur les plus connus et qui a aussi le mérite d’avoir certaines des plages les plus incroyables.

Cours de yoga le matin, petit dej à discuter un moment avec les autres voyageurs, journée passées à découvrir les environs ou les plages du coin, les quelques jours à Weligama sont beaucoup plus festifs. On découvre les resto locaux, on boit des cocktails, on finit une soirée à jouer au beer pong avec les locaux et.. une londonienne! Le monde est petit. Les Anglais en voyage sont toujours des valeurs sûre de fun et de gens avec qui il est devenue particulièrement facile de connecter. En voyageant, j’apprécie toujours (et de plus en plus), avoir adopté cette culture anglo-saxonne.

Un autre passage obligé dans le sud: Visiter Galle. Une ville connue pour ses fortifications construites par les Portugais au 17ième siècle. Des traces des colonisations Portugaise, Britannique et Hollandaise sont présentes un peu partout dans la ville. Elle a un côté un peu plus moderne en effet et on y trouve des restaurants et hôtel au style colonial vraiment sublime.

Les derniers jours, je finis le voyage toute seule. Enfin pas vraiment puisqu’entre temps j’ai rencontré pas mal de gens. Nous nous séparons enfin avec mon acolyte. Nous devions passer les premiers jours ensemble, et nous avons fini par vivre 24/24 l’une avec l’autre. Notre dernière soirée se passe sur la plage de Weligama. Le ciel et la couleur de l’air sont devenus tout rose pendant quelques instants. La photo ci-dessous est à peine retouchée. Une sorte de clôture en beauté. On a vu tellement de beauté en 10 jours et mes sens ont été tellement remués, je suis prête à rentrer. Et honnêtement, je suis aussi heureuse à l’idée de retrouver mon quotidien Londonien que je vais voir sous un autre angle. Je suis à la veille de pas mal de nouveaux départs dans ma vie londonienne et ce voyage aura été une excellente transition.

A l’issue de ces 10 jours au Sri Lanka, j’ai découvert un tout petit pays assez extraordinaire, et en pleine révolution touristique. Je l’ai fait lors d’une phase dans laquelle j’avais besoin de faire une pause, retrouver du sens, alors il y a beaucoup de choses qui m’ont marqué: Le tourisme de masse en pleine explosion, et les infrastructures du pays incapable d’assumer cela, les plages polluées, le plastique qui traine un peu partout, comprendre les liens du passé et l’impact des colonies dans ces coins du monde. Mais je suis heureuse d’avoir pu me poser ces questions et de l’avoir vécu en mode sac à dos. J’ai passé 10 jours déconnectée de tout, même du blog et des réseaux sociaux desquels j’avais eu besoin de me détacher, fait mon yoga avec la vue la plus incroyable et me suis fait une amie avec qui j’ai une connexion sacrée depuis et qui a un rôle vraiment spécial dans ma vie londonienne.

Départ du sud pour quasi une journée de voyage: Bus > Train > Tuk Tuk > Aéroport > London

Elodie

Elodie, happy "French londonienne" for almost 4 years. I share my London discoveries, expat life thoughts and reflexions on beeing a 30 year old. “Les petites joies de la vie londonienne” means “The little joys of London” so let’s make sure we make the most of this incredible city.

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